Caroline Pitcairn, animatrice de formation professionnelle permanente, Malawi

L’enseignante du primaire Caroline Pitcairn reçut beaucoup d’appui de son école quand elle décida de devenir coopérante-volontaire avec VSO. Pendant un congé sabbatique de 19 mois, Caroline a offert sa connaissance de l’enseignement à Rumphi dans le nord du Malawi. Elle décrit son travail, la chaleur et la générosité de ses collègues et voisins, et ses déplacements parfois très boueux…

Caroline Pitcairn (Malawi - Education)

Un coup de cœur pour l’Afrique mène à un congé sabbatique avec VSO

Je suis allée au Ghana il y a quelques années avec les Guides d’Écosse. J’ai adoré chaque minute de mon séjour et j’ai décidé que j’en voulais plus. Une amie m’a parlé de la demande qu’elle venait d’envoyer à VSO. Je me suis procuré un formulaire et l’ai rempli trois mois plus tard. Mon école et ma commission scolaire ont été super; mon superviseur m’a dit de foncer! On m’a accordé 19 mois de congé sabbatique et le retour dans mon poste après l’affectation.

S’adapter à la vie au Malawi

À l’arrivée au Malawi, VSO nous a offert une formation intensive d’une semaine. Cela incluait une formation linguistique même si je n’avais pas vraiment besoin de connaître la langue locale puisque je travaillais surtout en anglais. J’ai vécu avec une autre coopérante-volontaire pendant les premières semaines. C’était idéal puisqu’elle vivait ici depuis neuf mois – elle m’a vraiment appris les trucs du métier et m’a fait découvrir la culture. Mes collègues aussi étaient des gens fabuleux et ils m’ont aidée à m’adapter à la vie quotidienne.  

Le Malawi est un pays merveilleux et les gens sont si chaleureux et amicaux! J’ai adoré le rythme décontracté et le fait que les personnes et la famille priment sur le travail. La vie est dure, il manque toujours d’argent et de nourriture, mais les gens m’auraient donné ce qu’il y a dans leur assiette – et ils l’ont fait souvent! J’ai reçu un accueil exceptionnel.

Améliorer la qualité de l’éducation

Mon titre officiel était animatrice de formation professionnelle permanente. Je travaillais surtout avec des conseillères et conseillers en éducation primaire (CÉP), responsables de la formation professionnelle du personnel enseignant dans 18 écoles de la région. J’aidais les CÉP à améliorer les centres de formation, des établissements ayant pour but de transmettre les pratiques exemplaires. Le personnel enseignant vient emprunter des livres, assister à des séances de formation et découvrir des ressources pédagogiques intéressantes.

Je devais aussi concevoir et animer des séances de formation dans divers domaines : mise sur pied d’une bibliothèque scolaire, tenue de dossiers, production et utilisation de matériel pédagogique, styles de gestion, besoins en éducation spécialisée et ateliers par matière en maths, en sciences et en langues. La formule participative des séances fut une expérience tout à fait nouvelle pour plusieurs à qui l’on offrait habituellement de simples exposés.

Pendant mon séjour, le Malawi procédait à la réforme des méthodes d’enseignement pour les rendre plus conviviales grâce à des formules participatives. Ce fut tout un changement pour plusieurs qui ne connaissaient rien d’autre que les cours magistraux. J’ai aidé le personnel enseignant et les CÉP à utiliser le nouveau programme et changer leurs méthodes de travail – par exemple, former des sous-groupes d’élèves pour mieux gérer les classes nombreuses. 

Quelques difficultés

J’étais établie à Rumphi, dans le nord du Malawi, et je couvrais aussi les districts de Mzimba Nord et Mzimba Sud, un territoire assez vaste. Je devais parcourir de longues distances, d’abord en moto puis en voiture – pas évident pendant la saison des pluies quand il y a de la boue, de la boue et encore de la boue!

La gestion du temps pouvait aussi poser problème. J’arrivais à une réunion et les autres me rejoignaient deux heures plus tard. Je m’y suis adaptée assez vite – j’en suis même venue à considérer que c’était un coup de chance quand la réunion débutait avec seulement 30 minutes de retard!

L’impact de Caroline

Je crois avoir exercé un impact, notamment sur les gens avec qui j’ai travaillé le plus étroitement. J’ai travaillé fort pour inciter les écoles et les conseillers à apprendre l’un de l’autre et échanger des idées plutôt que de faire cavalier seul. Ce fut très difficile pour certaines personnes et le changement n’est pas venu du jour au lendemain, mais au bout du compte, tout le monde a vu les avantages que cela comportait. Je pense que j’ai pu servir de modèle aux gens – en faisant ce que j’aurais fait de toute façon! J’ai reçu beaucoup de commentaires sur ma capacité à respecter les délais, admettre mes torts et demander de l’aide quand j’en avais besoin – des habiletés peu répandues dans les campagnes du Malawi.

Je suis sûre d’avoir développé mes compétences encore plus que mes collègues et cette expérience m’a appris davantage que j’ai pu en apprendre aux autres. J’ai amélioré mes compétences en animation grâce à toute la formation que j’ai offerte et j’ai appris à travailler davantage en équipe (ce que je trouvais plutôt difficile auparavant). 

Le retour à la maison

J’ai eu la chance de retrouver l’emploi que j’occupais avant mon départ. Depuis mon retour, j’ai consacré beaucoup de temps au jumelage de mon école avec une école du Malawi et j’ai envoyé et reçu des tonnes de lettres et de vidéoclips. L’école où je travaille veut développer un volet d’éducation internationale – les enfants adorent cela et ils en retirent beaucoup.

Je recommande la coopération volontaire sans la moindre hésitation. Cela permet d’apprendre tellement de choses et de rencontrer tellement de personnes différentes et merveilleuses. La vie n’est vraiment plus la même après une expérience comme celle-là! 


VSO

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